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Epigen 2018 : Adebiotech organise un colloque sur la grande révolution de la biologie de ces dernières années, les 13 et 14 mars 2018 à Biocitech

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Présentée comme la grande révolution de la biologie de ces dernières années, l’épigénétique tend à expliquer la modulation de l’expression des gènes des organismes vivants en fonction de leur comportement (environnement, émotions, etc.). Bien que promis à bouleverser de nombreux secteurs et domaines, de la médecine à l’agro-alimentaire, ce changement de paradigme reste encore peu abordé ni anticipé à l’exception du milieu de la recherche académique. Voilà pourquoi le think-tank Adebiotech a choisi d’organiser le premier événement en France entièrement dédié à cette révolution post-génomique à travers le colloque « Epigen 2018 : l’épigénétique dans la réponse du vivant aux facteurs environnementaux », les 13 et 14 mars 2018 à Biocitech (Romainville-Grand Paris). Partenaire de cette initiative qui réunira pour la première fois industriels, chercheurs et institutions autour de cette importante source d’innovation, Sup’Biotech donne la parole à Danielle Lando, vice-présidente d’Adebiotech et Clarisse Toitot, responsable scientifique pour en savoir plus.



Pourquoi avoir voulu monter ce colloque Epigen ?
Danielle Lando et Clarisse Toitot : Nous avons commencé à travailler sur l’événement il y a un an et demi car l’épigénétique soulève un grand nombre de questions. En effet, nous voulions faire le point pour savoir où en était l’avancée des connaissances sur le sujet et quelles pouvaient être les applications potentielles. Ce dernier point est particulièrement intéressant car, contrairement à ce qu’il se passe en recherche fondamentale, il n’y a pour le moment que très peu d’informations relatives aux applications faites par les industriels. Pourtant, l’épigénétique touche un large spectre d’activités : les semences pour les cultivateurs et agriculteurs, la nutrition-santé pour l’élevage animal, les conditions environnementales pour l’Homme, la cosmétique

Pourquoi parle-t-on de révolution post-génomique en abordant l’épigénétique ?
Le génome, soit l’ensemble des gènes, c’est la partie de l’ADN qui exprime des protéines. Or, pendant de nombreuses années, les scientifiques prétendaient que 98 % du génome, non seulement ne servaient à rien, mais étaient vus comme un dépotoir. Ainsi, il y a encore dix ans, ce pan de génome n’était pas du tout considéré par les acteurs ! Seuls 2 % du génome correspondant aux gènes donnant des protéines étaient exploités. La manière dont les gènes sont lus pourrait jouer un rôle encore bien plus important que le code génétique lui-même. Dans les médicaments développés depuis plusieurs décennies au sein des laboratoires pharmaceutiques, les cibles étaient les protéines. Idem pour les chercheurs travaillant sur des cas de maladies orphelines : ils ont longtemps travaillé à la recherche d’une protéine efficiente, sans se préoccuper de ce qu’il pouvait se passer à l’extérieur de ces gènes. La révolution, c’est de pouvoir dire, grâce aux travaux d’équipes de chercheurs à travers le monde, que cette partie de séquence épigénétique à l’extérieur est beaucoup plus importante que ce que l’on pensait au départ. Elle est en quelque sorte le « bras armé » de l’environnement qui joue un rôle direct sur les gènes. Cette partie est directement impliquée dans l’expression de nos protéines.



Comment cette implication se traduit-elle ?
Les gènes se trouvent dans une espèce de carcan que l’on appelle les histones. Cela signifie qu’ils sont comme figés dans une position – enroulés, tordus, etc. Cette gaine d’histones joue un rôle de protection. Dans un schéma normal, à un instant T, de par cette gaine, des protéines vont augmenter, d’autres vont diminuer, certains vont même « s’éteindre ». Sauf que, récemment, on s’est aperçu que la partie épigénétique était celle qui agissait sur les histones à travers l’environnement, la nutrition et même la manière dont l’on a pu être considéré et élevé par ses parents ! L’amour, le stress… tout cela fait que votre épigénome va provoquer l’expression de certaines protéines ou en éteindre d’autres ! Par exemple, si une femme consomme trop de calories pendant sa grossesse, il y aura des conséquences sur le fœtus qui risque de faire du diabète et souffrir d’obésité plus tard, mais aussi sur les futurs petits enfants. Même si elles ne sont pas inscrites éternellement dans le génome, ces modifications peuvent donc perdurer sur plusieurs générations. On remarque aussi cela avec les pesticides : on retrouve une plus grande propension au développement de cancers spécifiques dans des familles d’agriculteurs ayant pulvérisé des quantités considérables sans précautions suffisantes, faute d’informations sur les conséquences à l’époque. Des études démontrent également que ces cancers se développent chez des petits enfants d’agriculteurs, pourtant nés bien après ces utilisations sans précautions. Toutefois, même si ces exemples sont marquants, les effets peuvent également être positifs, la compréhension de l’épigénétique pouvant nous amener à modifier nos habitudes alimentaires, sociales, etc. Le sujet concerne donc tout le monde. Et si une entreprise développe un produit, elle se doit de connaître et mesurer ses effets. Jusqu’alors, ces effets étaient mesurés uniquement sur les gènes, soit la partie fonctionnelle du génome. Avec la prise de conscience liée à l’épigénétique, on ne peut plus passer à côté de cette structure pour essayer de comprendre comment cela fonctionne au moment d’élaborer des stratégies de recherche pour concevoir tel ou tel produit.



Avez-vous un exemple d’application possible ?
Le colloque permettra justement de mettre en avant le travail d’une équipe du CNRS agissant sur la partie épigénétique, pour mieux comprendre comment ces molécules agissent. Il faut savoir que nous sommes tous envahis de cellules cancéreuses et que, pour nous défendre, nous produisons des protéines dites « suppresseurs » faisant en sorte d’arrêter ces cellules. Quand le cancer est bien développé, nous n’avons plus ces protéines. L’objectif de cette équipe du CNRS est de réintroduire cette suppression avec de petites molécules chimiques capables de ré-induire l’expression de ces protéines suppresseurs : avec cette approche, la cellule cancéreuse peut revenir dans un état normal. Certes, nous n’en sommes qu’au balbutiement, avec seulement deux-trois produits commercialisés actuellement, mais cela démontre bien le changement à venir dans la conception de nouveaux soins.

Pourquoi l’organisation de ce colloque a pris plus d’un an ?
Comme l’on découvre à peine le rôle de l’épigénétique, surtout à travers la recherche fondamentale, la place des industriels à ce niveau est encore incertaine, avec très peu d’informations disponibles. Adebiotech ayant pour objectif de mettre en relation académiques et industriels, il a donc d’abord fallu comprendre les besoins des acteurs, envisager les applications possibles et analyser la réglementation en vigueur et à venir afin de proposer un événement complet sur le sujet. L’autre particularité de ce colloque est de rassembler les acteurs français. Or, les leaders en épigénétique sont majoritairement basés en Suisse et aux États-Unis à l’heure actuelle. Tout cela a donc nécessité un important travail de vieille et de recherche pour réunir un panel de qualité et constituer un programme équilibré abordant les bonnes questions. Nous avons, en quelque sorte, choisi d’essuyer les plâtres !



Adebiotech présente le colloque « Epigen 2018 : l’épigénétique dans la réponse du vivant aux facteurs environnementaux »
Les 13 et 14 mars 2018 à la Cité des entreprises de santé et de biotechnologies Biocitech
102 Avenue Gaston Roussel
93230 Romainville

Plus d’informations sur le site d’Adebiotech

Programme complet disponible ici

Inscription obligatoire avant le 8 mars 2018 (dans la limite des places disponibles)



À propos d’Adebiotech :
Partenaire de Sup’Biotech, l’association Adebiotech regroupe des experts industriels et académiques ainsi que des représentants des pouvoirs publics nationaux et régionaux. Participer au développement d’une politique nationale en matière de biotechnologies, favoriser le dialogue entre le monde industriel, la recherche académique, les institutionnels et la société civile et contribuer à fédérer tous les acteurs des biotechnologies en France, tels sont les objectifs. Récemment, Adebiotech a organisé des colloques portant aussi bien sur les protéines et les peptidesles perturbateurs endocriniens ou encore la qualité de l’air.

Visitez le site d’Adebiotech

Posté le : 26/02/2018

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