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Les biocarburants : de Algue à Z

Une équipe de chercheurs met en évidence l'utilisation possible des algues de mer qui polluent nos plages comme sources de bio-carburants. Par Valentin Parat, Vanessa Pasquali et Orlane Thoré (promotion 2013).

Depuis le début des années 1970, les zones côtières françaises, et plus particulièrement la Bretagne, sont touchées par des marées vertes. Jusqu’à présent, perçu comme un fléau dévastateur, ce phénomène semble désormais intéresser les scientifiques. En effet, dans le souci de se débarrasser de ces algues polluant nos plages et les écosystèmes, ces derniers envisagent aujourd’hui d’utiliser ces « laitues de mer » pour produire des biocarburants.

maréeverte2.jpgBien que la production de bioéthanol à partir de microalgues ou d’algues brunes soit déjà le fruit de nombreuses études, notamment aux Etats-Unis, il semblerait que ce soit la première fois que des scientifiques s’intéressent à un problème écologique dans le but de le valoriser d’un point de vue énergétique.

Destruction du microsystème aquatique

Ce phénomène de prolifération des algues vertes de la famille des ulves – Ulva armoticana et U. Rotundata – ne touche pas uniquement la France. En effet, l’ensemble des pays du monde possédant des zones côtières où l’agriculture est en plein essor est aujourd’hui touché. Il a été mis en évidence par des équipes de chercheurs, notamment celle d’Alain Ménesguen* de l’Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer (Ifremer), que ce phénomène est lié à un rejet d’engrais et de pesticides riches en nitrates dans les nappes phréatiques qui alimentent les cours d’eau se déversant dans la mer. Il en résulte une eutrophisation des écosystèmes, c’est-à-dire une destruction d’un microsystème aquatique par prolifération d’algues planctoniques. Les ulves en putréfaction sur nos plages dégagent de l’hydrogène sulfuré (H2S) qui, en plus d’être un gaz à effet de serre, se révèle être mortel pour l’homme lorsqu’il l’inhale en provoquant chez lui des œdèmes pulmonaires, selon l’INRS**. Ce gaz est en effet létal en une minute pour des valeurs d’environ 1 700 parties par million. Or, les taux relevés sur les sites touchés par les marées vertes avoisinent cette limite. C’est une des raisons qui a conduit le gouvernement à légiférer, le 3 février 2010, pour débloquer 134 millions d’euros afin d’organiser le ramassage des algues et réduire en amont les causes de la prolifération, à savoir les activités agricoles de la région.

Une solution majeure pour remédier à ce problème et valoriser cette matière première à haut potentiel énergétique est venue du Danemark. Le professeur Michael Bo Rasmussen*** est déjà passé aux tests. Avec son équipe de chercheurs, il a mis l’ulve à l’épreuve afin d’estimer ce qu’il était possible d’en tirer, notamment à partir des hydrates de carbone, substrats utilisés pour la production de bioéthanol qui se trouvent en grande proportion dans l’algue. Le blé, qui est également utilisé pour produire ce biocarburant, ne fait pas le poids face à la laitue de mer, qui gagne sur tous les tableaux. L’algue doublant son poids tous les trois à quatre jours, celle-ci croît beaucoup plus rapidement que le blé, et à surface égale, la production de biomasse est considérable. Elle est constituée principalement de cellulose (un polymère de glucose) et d'hémicellulose (un polymère de xylose). Pour produire du bioéthanol, ces composants doivent dans un premier temps être convertis en sucres simples par hydrolyse (réaction consistant à rompre les longues chaînes de polymères). Si l'hydrolyse acide (traitement à l'acide sulfurique à haute température) est déjà aujourd'hui appliquée à l'échelle commerciale dans différents domaines, l'hydrolyse dite enzymatique semble toutefois offrir un meilleur potentiel, en termes de coûts et de durabilité. Les scientifiques ne s’arrêtent pas là car ils ont remarqué, via l’utilisation de tests en laboratoire, que la croissance des algues est considérablement accentuée par des apports en dioxyde de carbone (CO2). Ce gaz, largement excédentaire, pourrait être récupéré dans des installations industrielles et permettre le recyclage total des déchets engendrés par l’activité humaine, limitant ainsi la production de gaz à effets de serre comme le CO2 et le H2S.

Un coût plus important

Il ne faut cependant pas oublier l’aspect économique de ce problème. En effet, la production d’un litre d’algocarburant reviendrait à 45 centimes, alors qu’un litre de carburant classique coûte aujourd’hui 23 centimes. De plus, cette alternative ne pourrait être rentable que si le cours du baril de pétrole dépassait 100 dollars le baril à long terme. Or il n’est à l’heure actuelle que de 80 dollars. Bien que les carburants de troisième génération issus des micro-organismes soient en pleine définition, ceux de la deuxième génération issus de la fermentation des végétaux semblent encore être très riches d’enseignements.

L’idée d’utiliser les algues plutôt que les céréales présente des avantages incontestables. Non seulement cela évite la compétition avec les cultures vivrières, comme c’est le cas aujourd’hui avec les céréales dont les cours flambent en même temps que ceux des terres agricoles, mais en plus cela permet de se débarrasser des ulves polluant nos plages.

*Alain Ménesguen est directeur du laboratoire d’écologie benthique de l’Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer et auteur de l’étude intitulée « les marées vertes en Bretagne : la responsabilité des nitrates » de juin 2003.

**INRS : Institut National de Recherche scientifique rédacteur de la fiche toxicologique de l’hydrogène sulfuré en 1997.

***Michael Bo Rasmussen : Professeur de l’Université de Recherche Environnementale d’Arrahus

Une bactérie pour lutter contre les marées noires

Pour le traitement des pollutions, une équipe de chercheurs européens se penche sur l’Alcanivorax borkumensis, qui se nourrit d’hydrocarbures.

Par Romain Joblin, étudiant à Sup’Biotech.

Des millions de tonnes d’hydrocarbures sont déversées chaque année dans les océans. Une petite part provient de suintements de gisements naturels. La plus grande partie doit cependant être imputée à l’activité humaine. Il existe quelques moyens de lutte contre les marées noires, mais ceux-ci restent souvent coûteux et difficiles à mettre en œuvre. Depuis peu, plusieurs équipes de chercheurs, dont une allemande, se penchent sur les bactéries se nourrissant d’hydrocarbures, les hydrocarbonoclastes. Parmi elles on trouve Alcanivorax borkumensis : une bactérie marine pour laquelle les hydrocarbures sont la source majeure de carbone et d’énergie. Ces derniers lui permettent donc de se multiplier. Si bien qu'elle est le microorganisme dominant dans les eaux polluées par les hydrocarbures. C’est ce qui en fait un candidat de choix pour le traitement des pollutions par des procédés biologiques.

maréenoire4.jpgUne équipe de chercheurs européens a décrypté récemment le génome de cette bactérie, appartenant à la famille des protéobactéries. Cette découverte permet de comprendre les mécanismes qui amènent A. Borkumensis à devenir l’espèce majoritaire dans les eaux contenant de grandes quantités d’hydrocarbures. Ceci en décryptant précisément les systèmes enzymatiques mis en jeu, ainsi que les produits du métabolisme.

Grâce à ses caractéristiques génétiques, elle peut non seulement dégrader une gamme extrêmement large d'hydrocarbures mais elle produit également des surfactants1 biologiques, qui contribuent à émulsifier la solution aqueuse, ce qui permet une meilleure pénétration de l’oxygène dans l’eau polluée. Il est en effet nécessaire d’avoir un apport important d’oxygène pour permettre aux enzymes des hydrocarbonoclastes de remplir leur fonction en dégradant les hydrocarbures. Cette dégradation est rendue possible par trois enzymes, codées par le gène AlkB, plus spécifiquement AlkB1. De plus, des chercheurs allemands ont identifié un système opéron, c'est-à-dire que les gènes codant pour les enzymes et les gènes codant pour leurs régulateurs sont contigus, ce qui permet une bonne régulation du métabolisme.

Le métabolisme des alcanes (hydrocarbures), décrit par ces mêmes scientifiques, consiste en une simplification des chaînes hydrocarbonées lourdes en acides gras. Ces acides gras subissent ensuite une β-oxydation classique qui produit de l’acétyl-CoA. Ce dernier est alors transformé en énergie et en carbone dans le cycle de Krebs2 .

L’avantage indéniable d’A. Borkumensis est qu’elle s’adapte facilement à un grand nombre de milieux présentant des paramètres totalement différents, notamment en termes de salinité de l’eau et de concentration en nutriments. Les nutriments, tels que le phosphate et l’azote sont en effet des facteurs limitants pour l’élimination des hydrocarbures. Les milieux marins pollués par les hydrocarbures sont effectivement pauvres en éléments nutritifs. A. Borkumensis peut compter sur des transports de nutriments particulièrement efficaces, permettant une bonne absorption de ceux-ci et favorisant ainsi le métabolisme.

La bactérie se développe naturellement en biofilms3, ce qui lui confère des propriétés de protection, notamment contre les ultraviolets et les agents pathogènes. Ces biofilms permettent aussi une meilleure pénétration du dioxygène, un bon échange de nutriments entre les bactéries et des échanges génétiques permettant l’adaptation rapide aux stress extérieurs. Concrètement, la bactérie se développe à l'endroit où se rencontrent l'eau et les hydrocarbures et crée son biofilm dans cette niche. Elle peut par ailleurs détoxiquer des composés tels que l'arséniate, le mercure, le cuivre et d'autres métaux lourds, qui sont souvent retrouvés dans les zones contaminées par les hydrocarbures.

L'omniprésence d’A. Borkumensis à travers le monde reflète sa capacité à s'adapter aux conditions changeantes tant en termes de salinité que de climat dans différents environnements. De plus, sa présence en petites quantités dans les zones non polluées indique qu’elle n’a pas besoin des hydrocarbures pour survivre mais qu’elle a bien une autre voie métabolique. Une équipe de chercheurs japonais a étudié le mécanisme qui permet la dominance d’A. Borkumensis dans les milieux souillés. Il apparaît qu’elle n’est pas la première à se développer mais qu’elle devient majoritaire après le troisième jour d’exposition aux hydrocarbures. Durant les trois premiers jours, d’autres hydrocarbonoclastes ont été observées mais elles ont cédé leur place à la bactérie dominante car elles ne sont pas dotées de systèmes aussi complets qu’Alcanivorax.

A. Borkumensis possède donc un potentiel naturel intéressant dans l’optique de la bioremédiation des hydrocarbures. Dans un premier temps, elle pourrait être appliquée aux accidents pétroliers. Mais il existe aussi de nombreuses autres applications potentielles, comme le traitement des rejets industriels, le nettoyage de cuves, des résidus déposés sur les bâtiments. A. Borkumensis comptera donc certainement dans les nouveaux traitements dépolluants.

1 Surfactant : Substance abaissant la tension superficielle de l’eau, permettant ainsi une meilleure pénétration du dioxygène.

2 Cycle de Krebs : Cycle permettant la transformation de l’acétyl-CoA en carbone + énergie.

3 Biofilm : Ensemble de microorganismes emprisonnés dans une matrice de polysaccharides.

Sources :

Julia S. Sabirova, Manuel Ferrer, Daniela Regenhardt, Kenneth N. Timmis, Peter N. Golyshin, "Proteomic Insights into Metabolic Adaptations in Alcanivorax borkumensis Induced by Alkane Utilization", Journal of Bacteriology, June 2006, pp. 3763–3773

Rainer Kalscheuer, Tim Stoveken, Ursula Malkus, Rudolf Reichelt, Peter N. Golyshin, Julia S. Sabirova, Manuel Ferrer, Kenneth N. Timmis, Alexander Steinbuchel, "Analysis of Storage Lipid Accumulation in Alcanivorax borkumensis: Evidence for Alternative Triacylglycerol Biosynthesis Routes in Bacteria", JOURNAL OF BACTERIOLOGY, Feb. 2007, pp. 918–928

 

Du chocolat contre les coups de soleil

Du chocolat contre les coups de soleil

Cassandre LEBLANC, Camille NOGIER, Marion SARDA, promotion 2013

Les framboises, le thé vert ou encore les canneberges, qui font partie de notre alimentation courante, ont déjà prouvé leurs effets antioxydants, bénéfiques pour l’organisme. Leur prise est facile et ne nécessite pas un budget « santé » important. D’après l’étude menée par l’équipe du Dr Heinrich (Institut für Experimentelle Dermatologie, Allemagne), le chocolat rentrerait également dans cette catégorie d’aliments en réduisant notre sensibilité aux coups de soleil (1). En effet, la consommation quotidienne et régulière de polyphénols, contenus entre autres dans le cacao, permettrait de prévenir les effets indésirables des UV comme les érythèmes, lésions cutanées de la peau, et la préparerait ainsi aux diverses agressions du soleil.

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Un chocolat d'un nouveau genre

C’est sur cette étude que s’est fondé Barry Callebaut, industriel du chocolat et leader mondial des innovations à base de cacao et de chocolat, pour créer son chocolat ACTICOA™, préparé selon un procédé du même nom (2). Ce chocolat conserve 50 % de plus de polyphénols naturels que le chocolat de préparation traditionnelle. Lorsque l’on sait que les polyphénols représentent une famille de molécules organiques qui se distinguent par un haut pouvoir antioxydant, on peut comprendre qu’ils transfèrent à ce chocolat leur pouvoir antioxydant et anti-inflammatoire. Ces propriétés permettraient-elles alors de prévenir les effets nocifs de l’exposition au soleil ?

Neutralisation des radicaux libres

On sait que le bronzage est le signe de l’agression du soleil sur la peau. À long terme, les UV favorisent le vieillissement de la peau en abîmant les fibres de collagène et entraîne l'apparition de cancers cutanés. En effet, agressés par les UV, les kératinocytes, cellules de la peau, adressent un message d’alerte sous la forme d’une substance appelée cytokine aux mélanocytes situés sur la couche basale de l’épiderme. Ces cellules vont alors produire un pigment, la mélanine, qui va se placer autour du noyau des kératinocytes. Ceux-ci, chargés de mélanine, vont remonter à la surface de la peau et lui donner sa couleur : du rouge au noir en passant par un brun plus ou moins foncé. Les UV sont capables de produire de très fortes quantités de radicaux libres oxygénés dans les cellules de la couche superficielle de l’épiderme, responsables à court terme des coups de soleil et de l'inflammation. Les flavonoïdes (type de polyphénols contenus dans le chocolat) permettent la neutralisation des radicaux libres et garantissent ainsi une certaine protection contre les UV.

Impact sur l'épiderme

C’est sur ces réactions que l’équipe de recherche du Dr Heinrich s’est basée pour démontrer que la prise répétée d’une boisson à base de cacao dilué engendre un changement au niveau de l’épaisseur de l’épiderme, mais aussi au niveau de l’hydratation de la peau (1). Face à un groupe de personnes consommant une boisson cacaotée quotidiennement, un autre groupe suivant le même rituel, cette fois avec une boisson riche en flavonoïdes, présente à la fin de l’expérience une sensibilité moindre de la peau face aux UV. Il était ainsi démontré en parallèle, par l’équipe Londonienne du Dr William, que l’ingestion quotidienne d’environ 100 g de chocolat noir n’ayant subi aucune transformation industrielle entraînerait une réduction du risque d’apparition des coups de soleils de 25 % dès trois mois de prise. En revanche, la consommation de chocolat produit de manière traditionnelle ne suffirait pas à préparer la peau à une exposition prolongée au soleil, car sa teneur en polyphénols est trop faible (3).

Cette découverte est séduisante. Toutefois, la température de fusion du chocolat étant de 33°C, on peut se demander si son ingestion durant une saison ensoleillée telle que l’été est adaptée. La place de ce produit sur le marché concurrentiel des compléments alimentaires, dominé par de grands laboratoires type Oenobiol, reste alors à déterminer. Le chocolat de Barry Callebaut fabriqué selon le procédé ACTICOATM peut-il représenter une alternative au β-carotène ? En l’état actuel, on ne peut pas inscrire ce chocolat enrichit en flavonoïdes dans la catégorie « produit de santé » car sa forte teneur en sucre et en graisses font de lui un produit moins attrayant. Ceci laisse cependant la place à la concurrence pour se lancer dans la recherche de procédés qui réduiraient graisses et sucres. C’est d’ailleurs dans cette logique que les équipes de Barry Callebaut travaillent actuellement et auraient signé un accord en février avec Mars, le plus grand fabricant mondial de chocolat au détail, pour faire connaître les vertus bénéfiques des flavonoïdes du cacao.

 

Sources :

(1) U.Heinrich, K. Neukam, H. Tronnier, H. Sies et W. Stahl, “Long-term ingestion of high flavanol cococa provides photoprotection against UV-induced erythema and improves skin condition in women”, The Journal of Nutrition ,p15 65-1569, juin 2006

(2) Communiqué de presse, Le chocolat ACTICOA™ de Barry Callebaut contribue à protéger la peau des rayonnements UV, septembre 2009

(3) S. William, S. Tamburic et C. Lally, Eating chocolate can significantly protect the skin from UV light, septembre 2009

Colloque Sciences de la vie en société : mardi 28 septembre 2010 de 8h30 à 18h30

Colloque Sciences de la vie en société : fascination, confrontation, controverses, coévolution.
Le mardi 28 septembre 2010 de 8h30 à 18h30 au Collège de France : 11, place Marcelin Berthelot, 75005 Paris

Depuis l’appel de Paul Berg au début des années 1970 jusqu’aux débats contemporains sur les cellules souches ou la biologie synthétique en passant par les controverses sur les OGM, les sciences et techniques du vivant sont au cœur des relations entre sciences et sociétés.

Quels types de régulation et de contrôle pour les recherches ? Faut-il réglementer les applications ou bien aussi les recherches ? Où s’arrête la liberté de la recherche et où commence à s’exercer la responsabilité des chercheurs ? Le public doit-il être informé ? Comment organiser des débats publics sur ces enjeux ?

L’objectif de cette initiative commune de Genopole® et de l’IFRIS est de revenir sur ces questions en organisant un dialogue entre sciences du vivant et sciences humaines et sociales. On tirera parti de l’expérience des quatre dernières décennies pour éclairer les enjeux les plus contemporains ; il s’agira de se départir d’une position qui opposerait terme à terme des scientifiques rationnels et une société en proie à ses émotions et à ses peurs, pour comprendre comment sciences et société sont coproduites.

Pour plus d’informations et inscription.

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Sup'Biotech en salon les 3 et 4 juillet 2010

Retrouvez l'école Sup'Biotech en salon les 3 et 4 juillet 2010, à Paris, porte de Champerret (tous les détails ici) et venez poser toutes vos questions à nos étudiants, enseignants ou à notre équipe éducative pour nous rejoindre à la rentrée sur le campus.

 

Pourquoi rencontrer Supbiotech en salon

 

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Le cancer du sein et les parabènes : faut-il s'inquiéter ?

par B.Avignon, A.Bellard, C. Joubert et f. Koné (promotion 2013)

 

Le cancer du sein est une des pathologies malignes les plus fréquentes en Europe occidentale. Elle est responsable du plus grand nombre de morts par cancer chez les femmes. Elle a ainsi causé en France 11 299 décès en 20061. Une partie des cancers du sein sont induits par les œstrogènes. L’augmentation des cancers induits par les œstrogènes est en corrélation avec celle des ventes de produits cosmétiques contenant des molécules similaires1. Plusieurs études ont analysé les liens existant entre les produits imitant les effets oestrogéniques et pouvant entraîner le développement du cancer du sein. La polémique sur les sels d’aluminiums, un produit imitant les effets oestrogéniques, a été lancée par l’article d’une femme chercheur brésilienne2. Cette étude a été fortement remise en cause par la communauté scientifique car l’échantillon utilisé n’était pas représentatif de la population. Une forte médiatisation de cette étude a poussé les chercheurs à s’intéresser à ce sujet. Parmi eux, le professeur Philippa Darbre a publié une étude3 sur les divers substituants aux œstrogènes tels que les sels d’aluminiums et les parabènes.

 

Les parabènes : des perturbateurs endocriniens

 

Les parabènes, appelés "alkyl d’éther d’acide para-hydroxybenzoïque", sont des molécules synthétiques dérivées du pétrole. Elles sont utilisées comme conservateurs dans des produits cosmétiques tels les shampoings, les gels douche, les nettoyants pour le visage, les fonds de teint, les déodorants, les dentifrices et les parfums. Ils sont aussi utilisés dans la conservation de certains aliments : la gelée de viande, en traitement de surface des produits à base de viande séchée, de céréales ou de pommes de terre. Les parabènes les plus couramment utilisés sont les méthyl-, éthyl-, propyl- et butyl-parabènes. Ils sont immunotoxiques, neurotoxiques et irritent la peau. Leur toxicité provient de leurs propriétés bactéricides, ce qui explique d’ailleurs leur utilisation comme conservateur3. Les sels d’aluminium, remplissent la même fonction que les parabènes (bactéricidie). L’absorption locale cutanée des sels d'aluminium des anti-transpirants est très élevée et ce, qu’ils soient sous forme de chlorure d'aluminium ou de chlorhydrate d'aluminium. Cependant, ils sont également largement employés.

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Dans l’étude du Pr Darbre3, les sels d’aluminiums sont sévèrement critiqués pour leur forte toxicité démontrée à travers la peau de souris et au niveau des aisselles de l'homme, ainsi que leurs interférences avec les récepteurs à œstrogènes. Aujourd’hui, ce même effet est attribué aux parabènes. En effet, ces derniers perturberaient le système endocrinien. Ce système est composé d’hormones produites par des glandes et organes comme le pancréas ou les ovaires4. Les hormones produites agissent sur la croissance, le développement, la reproduction et le comportement. Les parabènes interagissent avec ces hormones et induisent des dérèglements pouvant aller jusqu’à engendrer l’apparition de cancers. Après avoir traversé la peau et les parois vasculaires, ils sont susceptibles d’agir sur le système digestif par exemple. Ils imitent l’action des œstrogènes en se fixant sur les récepteurs d’œstrogènes des cellules à la place de l’œstradiol, c’est pourquoi on les appelle xéno-estrogènes – xéno venant du grec xénos signifiant étranger – ou encore perturbateurs endocriniens. Les parabènes sont à l’origine de l’augmentation de l’expression des gènes normalement régulés par l’œstradiol et induisent donc la prolifération anarchique des cellules3. Ainsi, le Pr. Darbre montre4 que, les parabènes et les sels d’aluminium peuvent passer à travers les barrières lipidiques telles que les membranes cellulaires et ainsi s’accumuler dans les tissus du sein. Malgré leurs faibles concentrations dans les produits, on ne peut négliger le fait que l’on retrouve une part de ces xéno-estrogènes dans les tissus mammaires tumoraux.

 

Quelles sont les mesures gouvernementales ?

 

Depuis 2004, la quantité consommée du parabène et ses dérivés considérée comme acceptable a été établie par le comité scientifique de l’alimentation de la communauté européenne (Scientific Committee on Food). Ce groupe de scientifiques habilité à évaluer le risque de consommation d’additifs alimentaires l’a plafonnée à 10 mg/kg/jour5. Cependant, il préconise également d’effectuer des études complémentaires, notamment sur les voies empruntées par les parabènes dans l’organisme, grande inconnue des chercheurs jusqu’à présent. Les deux grandes inquiétudes des gouvernements portent sur les effets avérés des parabènes et autres xéno-estrogènes sur la reproduction de l’homme et leurs impacts sur l’environnement, l’hypothétique élévation des cancers du sein et des testicules n’arrivant qu’en troisième position.

On retrouverait environ 60 % de méthyl-parabènes appliqués localement dans les tissus cancéreux et environ 10 % des produits cosmétiques comportent un étiquetage inexact sur leur quantité de parabènes2. Malgré des conclusions aussi préoccupantes, le parabène ne fait pas parti des substances soumises au règlement REACH6 ou même pour la veille toxicologique en générale en France7. Néanmoins, son étude et sa régulation sur le marché sont englobées dans les mesures 7 et 8 du Plan National Santé Environnement numéro 28 (PNSE2), qui a débuté en 2009 et s’étendra jusqu’à 2013. Envisagé lors du Grenelle de l’environnement, ce plan poursuit les mêmes objectifs que le premier, employant 400 millions d’euros et des solutions applicables régionalement.

Un programme d’étude lancé en 2005 portant sur les diverses conséquences des perturbateurs endocriniens (PE) nommé programme national de recherches sur les PE (PNRPE) présentera ses conclusions le 12 avril 20109. En attendant que les conclusions soient révélées au grand public, il serait plus sage d’éviter les apports excessifs de parabènes.

 

Bibliographie :

1. Moïse Namer, Elisabeth Luporsi, Joseph Gligorov, François Lokiec, Marc Spielmann « L’utilisation de deodorants/antitranspirants ne constitue pas un risque de cancer du sein », Bulletin du Cancer (Volume 95, Numéro 9, 871-80, septembre 2008).

2. KG McGrath, “An earlier age of breast cancer diagnosis related to more frequent use of antiperspirants/deodorants and underarm shaving”, European Journal of Cancer Prevention (numéro 12 ,479–485, 30 juillet 2003).

 

3. P.Darbre, “Environmental oestrogens, cosmetics and breast cancer”, Best Practice & Research Clinical Endocrinology & Metabolism (volume 20, Numero 1, 121–143, 2006).

 

4. Plaquette : http://www.afsset.fr/upload/bibliotheque/771953541745249614035691288700/11_perturbateurs_systeme_endocrinien.pdf

 

5. « Avis du groupe scientifique sur les additifs alimentaires, les arômes, les auxiliaires technologiques et les matériaux en contact avec les aliments à la demande de la Commission concernant les para hydroxybenzoates (E 214-219) », The EFSA Journal (Numéro 83, 2004).

 

6. « Avis de la Commission des Produits Chimiques et Biocides du 22 juin 2009 relatif aux substances extrêmement préoccupantes à proposer par la France en vue d’une inclusion à l’annexe XIV des substances soumises à autorisation du règlement Reach » : http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/avis_CPCB_SVHC_090622-2.pdf

 

7. Rapport de vigilance de l’Afssaps numéro 27, 2005 : http://www.afssaps.fr/var/afssaps_site/storage/original/application/a04645817043e01235bf03bc49f76f07.pdf

 

8. Plus d’information sur le PNSE2 : http://www.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=7323 et http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/PNSE_2_OO.pdf

 

9. Se renseigner sur le colloque : http://www.polynome.fr/pnrpe

Moins de baleines tuées pour du parfum : chimiquement possible !

Parmi les projets présentés sur poster au 12e Symposium International d'Aromathérapie et Plantes Médicinales (26 au 28 mars à Grasse, lien), celui de Louis Guibout, de l'école Sup'Biotech, a retenu l'attention de l'assistance.

Le projet est ambitieux : il permettrait de substituer un élément rare dans un parfum par un autre élément, moins noble mais tout aussi utile à l'élaboration d'une fragrance.

97932315.jpgExtrait du poster, disponible sur ce lien en pdf :

« Parmi le cocktail de molécules aromatiques que produit la sauge sclarée, le diterpène sclaréol peut être transformé par hémi-synthèse en ambrox, une molécule stabilisatrice de parfums dotée d’une puissante odeur aux notes boisées, marines et sauvages. Cette technique de production permet la substitution de l’actuel extrait d’ambre gris, issu de secrétions de cachalots, par une source végétale aux apports plus réguliers et maitrisés.
Cette nouvelle voie de valorisation de la sauge sclarée constitue une alternative au marché de son huile essentielle à destination de la parfumerie de luxe qui connait depuis les 3 dernières années une sévère concurrence d’Asie et des Etats-Unis. »
 

Institut Pasteur : Catherine Rougeot et l'Opiorphine, anti douleur naturel

Dans le cadre du partenariat entre l’Institut Pasteur et Sup’Biotech, retrouvez cette semaine l'interview de Catherine Rougeot.

Catherine Rougeot est chef de laboratoire de Pharmacologie des régulations neuro-endocrines. Elle est une des spécialistes des réponses du corps humain au stress. Plusieurs morphines endogènes (dont l'opiorphine) présentent des propriétés anti-douleurs aussi fortes que la morphine...sans les effets secondaires redoutables associés ! Catherine Rougeot travaille sur la commercialisation de ces morphines endogènes et tente de répondre à la question : "A quand l'opiorphine en pharmacie ?"...

 

Institut Pasteur : Catherine Rougeot - L'OpiorphineInstitut Pasteur : Catherine Rougeot -  L'Opiorphine

Redoutable morphine .

La morphine , puissant anti-douleur, présente bien des inconvénients pour un patient qui souffre : la liste des effets secondaires consécutifs à son action est longue. Tout le travail sur l'Opiomorphine, morphine endogène, consiste à proposer commercialement une morphine puissante, non pathologique à long terme pour le corps humain. Combattre la douleur de l'intérieur, sans effets secondaires : tel est le but du travail de recherche de Catherine Rougeot.


IONIS MAG 10 : il est sorti !

Découvrez le dixième numéro de IONIS MAG dans la fenêtre ci-dessus. "Ils écrivent, ils enseignent" part à la rencontre des enseignants du groupe IONIS qui publient des ouvrages. Une enquête passionnante à découvrir et sûrement quelques livres supplémentaires à ajouter à votre longue liste de l'été !

La première promotion distinguée

A l'Unesco, la première promotion de l'école recevait son diplôme des mains de Vanessa Proux, directrice de Sup'Biotech et de Marc Sellam, président directeur général de IONIS Education Group.



Retour en vidéo sur cette cérémonie riche en émotions en compagnie de Vanessa Proux et de deux majors de la promotion 2009 : Melinda Roolf et Amélie Croset. Elles reviennent sur leur scolarité et parlent de leur insertion professionnelle.

En moyenne, les étudiants de cette première promotion ont eu un temps de recherche d’emploi, après l’obtention du diplôme, d’un mois. Le salaire annuel brut moyen pour la promotion 2009 est très honorable avec une valeur moyenne de 33 000 € (le salaire le plus haut étant de 44 000 €/an). Parmi les employeurs ayant recruté ces premiers diplômés, les PME sont plus nombreuses que les grands groupes. La grande majorité des diplômés occupent actuellement un poste en corrélation avec les majeures professionnelles proposées dans le second cycle de Sup’Biotech, le « cycle Expertise » : Recherche & Développement ou Marketing & Commercial.
 

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Les biocarburants : de Algue à Z

Une équipe de chercheur met en évidence l'utilisation possible des algues de mer qui polluent nos plages comme sources de bio-carburants

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Une bactérie pour lutter contre les marées noires

Pour le traitement des pollutions, une équipe de chercheurs européens se penche sur l'Alcanivorax borkumensis, qui se nourrit d'hydrocarbures.

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Du chocolat contre les coups de soleil

D'après une étude récente, le chocolat permettrait de prévenir les effets indésirables des U.V.

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Colloque Sciences de la vie en société : mardi 28 septembre 2010 de 8h30 à 18h30

Colloque Sciences de la vie en société : fascination, confrontation, controverses, coévolution. A initiative commune de Genopole® et de l'IFRIS.

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LE BLOG DE LA DIRECTRICE

"Break estival à l'horizon"

Le mois d'août approche à grands pas, synonyme d'un ralentissement...