La thérapie génique au secours de la cécité
Après quʼune équipe française ait réussi à rendre la vue à des chiens souffrant de lʼamaurose congénitale de Leber (ACL), une autre vient de réussir le même pari chez lʼhomme.
Décrite en 1869 par Théodore Leber, un ophtalmologiste allemand, la maladie qui porte son nom est la forme la plus sévère de dystrophie et/ou dysplasie rétinienne précoce et représente environ 6% de ces pathologies. Elle entraîne une altération complète de la rétine et une perte totale de lʼacuité visuelle. Cette maladie toucherait 100 000 naissances à travers le monde dont 1000 à 2000 enfants en France, et est due à une déficience protéique.
Plusieurs gènes, 13 ont été découverts à ce jour, peuvent être responsables de lʼACL, ici nous nous intéresserons au gène RPE65, qui code lʼisomérase qui convertit dans lʼépithélium pigmentaire, cellules permettant aux rayons lumineux dʼêtre captés puis transformés en influx nerveux pour gagner le cerveau, le trans rétinyl ester rétinol en ester 11-cis rétinol, permettant la formation du chromophore (molécule colorée) des pigments des photorécepteurs, indispensable pour la vision. La mutation de ce dernier fut découverte sur une lignée de chiens Briards, et constitua ainsi le premier modèle expérimental.
Succès du protocole animal.
Les différentes techniques précédentes, greffe ou injection de la molécule, nʼétant pas concluantes, cʼest donc tout naturellement que les chercheurs se sont tournés vers la thérapie génique.
Son utilisation consiste à apporter et à insérer une copie normale du gène dʼintérêt, ici RPE65, dans les cellules de lʼépithélium pigmentaire rétinien. Ce processus se fait via lʼutilisation dʼun vecteur, ici un virus, dépourvu de sa pathogénicité , ses gènes viraux ayant été supprimés. Il permet une expression continue du gène dʼintérêt.
Les chiens ont été séparés en plusieurs groupes qui différaient par leurs âges et la quantité de vecteurs injectée. Les résultats ont été mesurés par angiographie de fluorescence, par lʼutilisation de techniques dʼimagerie non invasives et par des techniques dʼimmunocytochimie rétiniennes. Cette maladie étant évolutive, elle devient donc de plus en plus difficile à soigner au fur et à mesure quʼelle progresse, lʼexpérience a en effet montré que, associé à une dose contrôlée de virus, lʼâge avait une importance capitale quant à lʼefficacité du traitement.
Ces résultats ont été confirmés par des parcours dʼobstacles que devaient franchir les animaux.La similarité entre les yeux de ces chiens et celui de lʼhomme a permis une transposition de cette technique chez lʼhumain.
Un enfant de huit ans retrouve la vue.
Rendre la vue ou empêcher la cécité de sʼinstaller, telles sont les prouesses que viennent de réussir Albert Maguire et Katherine High1 de lʼhôpital pour enfants de Philadelphie; en sʼappuyant sur les travaux de Le Meur et Stieger 2 sur la restauration de la vision chez des chiens Briards.
Afin de restaurer lʼacuité visuelle et de combler ces déficiences, les chercheurs ont injecté dans lʼoeil, présentant le plus de troubles, au sein de lʼépithélium rétinien et via lʼhumeur vitrée un vecteur AAV (virus adéno-associés à ADN double brins, AAV2-hRPE65v2) contenant le gène de la protéine RPE65. Cet essai clinique de phase 1, fut effectué sur 12 patients donc 4 enfants âgés de 8 à 11 ans. Trois doses croissantes de virus furent injectées, une faible de 1,5.1010 vecteurs, une moyenne de 4,8.1010, et enfin une grande de 1,5.1011 vecteurs. Il semblerait que que la dose importe peu, car les résultats sont là. Après seulement deux semaines le champ visuel de tous les patients sʼest accru; ainsi quʼune amélioration de lʼacuité visuelle chez la plus part. La réponse pupillaire a quant à elle aussi progressé.
Ces améliorations sont dʼautant plus importantes que le patient est jeune, et elles se sont vu entérinées, les patients ayant conservé leurs nouvelles fonctions visuelles après deux ans. Un enfant de huit ans a même retrouvé un niveau de sensibilité identique à celui dʼun enfant de son âge en pleine santé.
Il semblerait quʼaprès plusieurs années de tâtonnement, et certaines déconvenues (cas de cancer), la thérapie génique ait fini par combler une partie des attentes placées en elle. Cependant la présence du vecteur dans le sang dʼun patient pose la question du choix de ce dernier, il ne faudrait pas réitérer les mêmes erreurs que dans le passé, le vecteur doit rester confiné à sa cible.
Compte tenu de lʼimportance de lʼâge des patients, il joue un rôle primordial afin dʼéviter une perte trop importante de photorécepteurs, le couplage de la thérapie génique à des techniques de détection appropriées permettrait dʼoffrir une meilleure réponse à cette maladie.
Pollien Christophe, Regnier Florian, Savy Adrien, Etudiants de Sup'Biotech, promotion 2013
1 The Lancet, Volume 374, Issue 9701, Pages 1597 - 1605, 7 November 2009 2 Gene Therapy (2007) 14, 292–303. doi:10.1038/sj.gt.3302861; published online 5 October 2006

Cette experience m'a énormément appris. Même si au depart je n’étais pas venue à Sup’Biotech pour faire du commerce dans les biotechnologies, j’ai acquis au fil des années une connaissance certaine des produits, de leurs origines, de leurs propriétés. J’ai très vite compris les tenants et les aboutissants de ce secteur.
Ainsi, trouver l’emplacement optimum des antennes Wifi dans un aéroport ou sélectionner les sous ensemble optimaux de réactifs pour une expérience de chimie combinatoire n’est qu’une variante d’un même algorithme.
Le design de la société a découlé de cette charte, j’ai donc poursuivi par la création de brochures (commerciales et techniques) et de flyers (publicité distribuée lors d’évènements). Il y a enfin eu une phase de publication dans plusieurs magazines : j’ai participé aux interviews, à leur mise en forme, à la relecture.



































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