Partenariats de recherche publique/privée

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Retour sur le colloque organisé par Sup’Biotech, le 11 octobre dernier à l’hôpital des Diaconesses, à Paris, en partenariat avec Cancer Campus.

Comment expliquer cette pratique en vogue dans le secteur de biotechnologies ? Ces dernières années, le nombre d’acteurs industriels et académiques s’est multiplié, et avec lui, le nombre de partenariats. « Une première réponse s’impose, explique Anne Pezet, journaliste et consultante en pharmacie et en santé chargée de modérer les interventions. Les données scientifiques se sont complexifiées. Il s’agit pour chaque acteur d’aller chercher les compétences là où elles se trouvent au niveau mondial. Pour un labo, cela pose la question de la manière de se structurer pour répondre à ces nouveaux défis. Des agences ou des associations, telles que l’alliance pour la recherche et l’innovation des industries de santé (ARIIS) sont même nées afin de faciliter ces partenariats. »

confrecherchepublicprive1.pngUn contexte incitant aux rapprochements

Outre le contexte technologique, le contexte économique de l’industrie du médicament appelle ces collaborations. Pierre-Noël Lirsac, directeur des projets de thérapie cellulaire au laboratoire français du fractionnement et des biotechnologies (LFB), relève la baisse du taux de succès des médicaments en phase de développement clinique, la baisse du nombre de molécules lancées et la hausse relative du prix des médicaments. « Dans cette situation, il est important pour les laboratoires d’optimiser le rapport entre les bénéfices et les risques, un réflexe mieux partagé dans le privé« , affirme-t-il.

La compétition internationale exerce une pression accrue qui impose ces rapprochements. « Cela concerne le public comme le privé. D’autre part, l’innovation requiert une pluridisciplinarité que les collaborations permettent de favoriser. », explique Pierre-Noël Lirsac. Il faut donc dépasser le traditionnel cloisonnement entre public et privé et trouver des synergies pour aller de l’avant. Du reste, le processus de rapprochement entre acteurs s’est d’ores et déjà mis en branle. Pour David Sourdive, directeur général de la société de R&D en chirurgie génomique Cellectis, « cette collaboration s’établit même de manière de plus en plus précoce, dès les phases I et II de développement d’un médicament. »

confpublicprive2.pngDes bénéfices partagés

Pour Stefan Chalon, responsable du nouvel institut Roche de recherche et médecine translationnelle, dédié à la reherche partenariale, « Les bénéfices sont partagés lors de ces partenariats : accès aux technologies et aux outils de pointe et aux savoir-faire dans le développement d’un médicament pour le public, accès à la recherche de pointe pour le privé. » Eric Angevin, directeur adjoint de la recherche clinique à l’Institut de cancérologie Gustave Roussy (IGR), renchérit : « Les industriels trouvent de nombreux intérêts dans ces partenariats : accéder au patient et aux ressources biologiques de ce patient – un besoin majeur pour eux, avoir à disposition des plateformes performantes de validation de bio-marqueurs , se rapprocher des milieux académiques et acquérir ou conforter ainsi une position stratégique – ce qui leur permet d’avoir un accès privilégié à l’information, d’acquérir plus facilement les droits d’exploitation d’une molécule ou encore de favoriser leur entrée sur le marché d’une biomolécule . Pour être réussi, un partenariat doit être équilibré.« 

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Evolution des structures et des mentalités

De plus en plus nombreuses sont les initiatives favorisant les rapprochements entre acteurs. Isabelle Diaz, secrétaire générale adjointe d’ARIIS, montre comment une association comme la sienne encourage les partenariats en fédérant l’ensemble des professionnels de la santé et en favorisant les carrières mixtes – un besoin qui se fait sentir de plus en plus. Une autre initiative favorisant les rapprochements est la formation de bio-clusters tels que celui de Cancer Campus à Villejuif – « un vivier de création de valeur et d’emploi amené à croître en importance, notamment sous l’impulsion du Grand Paris. On parle déjà de vallée des biotechnologies« , précise le professeur Gilbert Lenoir, en charge du projet Cancer Campus.

Ces rapprochements ne concernent pas seulement les start-up et les laboratoires, mais aussi les grands groupes pharmaceutiques. Carole Neves, directrice des partenariats R&D France chez Sanofi, parle « d’open innovation », c’est-à-dire d’une nouvelle manière d’innover ensemble, de partager les risques et de mutualiser des moyens. Pour Sanofi, il s’agit de se conforter dans ses secteurs et de se diversifier sur d’autres où le groupe n’était pas présent. « Certains partenariats, parfois inattendus, peuvent faire surgir des innovations disruptives« , relève-t-elle.

confpublicprive5.png De nouveaux métiers

Les rapprochements entre le public et le privé font naître de nouveaux métiers, comme en témoigne Laurence Friteau, directrice de l’agence de recrutement Kelly Scientifique. « On recrute par exemple des responsables de partenariats dans le privé ou des responsables de la valorisation dans le public. Ce sont des métiers d’interface entre le public et le privé qui exigent à la fois une expertise pointue et des compétences transversales en communication, en gestion de projet ou encore en propriété industrielle« , explique-t-elle. Des débouchés potentiellement intéressants pour les diplômés de Sup’Biotech.

« Organiser une conférence sur les partenariats de recherche publique/privée était essentiel pour faire le point sur les nouveaux modèles de l’innovation biopharmaceutique dans un contexte d’ouverture de la recherche. Ce sujet touche directement les étudiants de Sup’Biotech, futurs acteurs au cœur de l’innovation dans les biotechnologies dont beaucoup travailleront dans le domaine de la santé. » Vanessa Proux, directrice de Sup’Biotech

Posté le 09/11/2011

À propos

Sup’Biotech est une école d’ingénieur spécialisée en Biotechnologies à Paris et à Lyon, proche du monde de la Recherche comme du monde de l’Entreprise, qui propose une formation innovante en 5 ans après le bac. Ce cursus permet aux étudiants d’accéder rapidement à des postes à responsabilités, en France comme à l’International, dans les secteurs très porteurs de la santé et la pharmacie, de l’innovation agroalimentaire, de la cosmétique, de la bio-informatique ou encore de l’environnement. Les études, combinant fondamentaux académiques, projets étudiants et stages en entreprise, sont découpées en deux parties selon la norme européenne : le cycle Bachelor of Biotechnology (3 ans) et le cycle Expertise (2 ans). La formation des ingénieurs en Biotechnologies de Sup’Biotech est labellisée par Medicen Paris Région et Industries and Agro-Ressources (I.A.R.).
Sup’Biotech propose également une filière apprentissage à partir de bac+3, ainsi qu’une formation Bachelor en Biotechnologies, accessible après le bac. Sup’Biotech est un établissement d’enseignement supérieur privé habilité à délivrer le titre d’ingénieur et reconnu par l’État (arrêté du 15/12/14 et B.O du 08/01/15).

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